Bonjour,

Direction le spot à Jean B., les néo ruraux fréquentant La Sioule n’ont certainement pas connu ce personnage.IL a secoué quelques truites en noyée, une technique qui nécessite à la fois habileté et connaissances des tenues des poissons.
Un petit historique dans les années 70/80, pas de River App, pas de Vigicrues, les anciens parlaient en nombres de turbines qui produisaient, je ne me rappelle plus combien il y en avaient « aujourd’hui c’est deux turbines » par exemple disaient t’ils, cela pouvait varier dans la même journée en terme de débit et plusieurs fois par jour.
Jean B. habitait la maison en aval du Pont de Chambon rive gauche et personne ne rentrait dans sa propriété, Mon père avait fait l’entretien une fois ou deux de son jardin, et je m’étais trouvé ainsi dans cette propriété, découvrant une canne à mouche, un panier en osier et une canne épuisette . J’avais pour consigne parentale de dire bonjour, un simple geste de politesse qui me pesait parfois, mais je me rappelais toujours la curiosité qui m’envahissait à chaque visite. Puis un aprés midi je m’engaillardi, débutant à la mouche avec une canne en fibre de verre perdu à tout jamais (qui redeviennent à la mode ) et j’abordai Jean en entrant dans sa propriété.
« Bonjour Mr B….est ce que vous accepteriez que je pêche chez vous ? » « Il est bien trop tôt jeune homme mais allez y , je vous retrouve en haut, sur mon coin (qu’il m’explique) et vous ne pêchez pas mais vous m’attendez!!! mais il fallait traverser le gué et là le barrage avait son mot à dire. La Sioule étaient haute je dirais 9/10m3 et pouvait monter à tout moment. J’attendais Jean qui finit par arriver une heure avant la tombée de la nuit.
» met toi derrière moi pas trop prés et regarde » semblait t’il me dire . De l’arbre jusqu’en bas du spot sa soie naturelle, et ses mouches noyées remplissaient le panier, les plus petites laisser échapper un juron du pêcheur, perte de temps. Bien entendu je ne pêchais pas grand chose derrière, un peu honteux. Une petite en sèche qui ne valait pas le regard de Jean…
Prise du jour sur le fameux spot .

Nous avions passé l’heure légale et il fallait retraverser, et la j’ai eu très peur , La Sioule montait plein pot(plusieurs turbines, mais je ne sais plus) je m’accrochais quasiment à Jean B. qui se servait de sa canne épuisette. Pour ceux qui connaissent le gué 12m3 c’est dangereux et je ne le ferais pas . Je rentrais rapidement me couchais et rêvais de ces prises et de cette leçon . Les jours et semaines après furent toujours ainsi, j’allais pêchais l’après midi, « Chardonnet , il m’appelait par mon nom, tu ne vas sur mon coup avant que j’arrive » Je respectais ce contrat moral et reprenait une leçon. Jean m’avait donné quelques mouches des rustiques que j’ai vite perdues . Mais la pêche en noyée est restée une technique que j’affectionne plus particulièrement en automne sur l’Allier.
Devant chez Jean, attention aux vestiges de barbelés.

Puis l’obligation professionnelle m’a appelé à Paris et j’ai perdu de vue Jean B. Un jour j’ai appris que Jean B….est mort noyé, son panier contenait de belles truites aux dires…
A bientôt
Philippe CHARDONNET 29/07/2026
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